La caducité du contrat de l’eau potable toujours d’actualité

La Dépêche du Bassin - n° 966 – Du 27 nov. au 3 déc. 2014

L’ASSOCIATION DÉNONCE « CERTAINES PRATIQUES DE LA COBAS ».

Arc’Eau : « Visiblement, nous dérangeons »

C’est une lettre de quatre pages, signée Arc’Eau, que l’association vient d’envoyer à tous les élus des communes de la Cobas. Elle y dénonce « du très mauvais cinéma » de la part de la présidente, Marie- Hélène Des Esgaulx. Détails.

Décidément, le dossier de l’eau fait couler beau­coup d’encre… Jeudi 20 novembre, les élus des quatre communes de la Cobas ont tous reçu la même lettre, de quatre pages, signée de l’association “Arc’Eau”. L’association, pilotée par Marie-Joëlle Laulom et Patrick Du Fau de Lamothe, y développe ses arguments en faveur de la caducité du contrat signé entre la Cobas et le délégataire, Véo­lia, concernant le service public de l’eau. La Dépêche du Bassin en a déjà fait état la semaine dernière dans ses colonnes. Mais surtout, Arc’Eau répond aux contre-attaques récentes de Marie-Hélène Des Esgaulx. La présidente de la Cobas se défend, en effet, de toute partialité envers Véolia et affirme défendre les habitants et seulement eux. Mais pour Patrick Du Fau de Lamothe, sa position n’est pas tenable : « Elle ne prend aucune décision », écrit-il en mettant en avant « des erreurs d’analyse » mais aussi « des comportements autocrates et insolents ». Selon eux, la cadu­cité du contrat, prouvée par leur rapport et celui du cabinet SP 2000, ne fait plus aucun doute. « La Cobas se doit d’en sortir dès février 2015 et ne pas attendre. Au lieu de cela, la collectivité cède à l’immobilisme. Pourquoi cette atti­tude vis-à-vis de Véolia ? », ques­tionne l’association. « Visiblement, nous dérangeons car nous irons jusqu’au bout. Un élu doit rendre des comptes en permanence à ses électeurs et non une fois à chaque élection. Nous ne sommes pas citoyen un jour tous les six ans mais chaque jour de ces six ans. » Enfin, concernant le recours contentieux déposé le 19 sep­tembre au tribunal administratif, l’association affirme qu’il ne s’agit en aucun cas d’un coup de cou­teau dans le dos. « Dès le 20 mai, l’association a mis en demeure la Cobas de prendre une décision sur le sujet. Mme Des Esgaulx l’a ignorée… »

[ J-B.L. ]

MHDE : « Je ne céderai pas au harcèlement »

Comme la totalité des élus des quatre communes de la Cobas, Marie-Hélène Des Esgaulx a, elle aussi, reçu la lettre de l’association. Mais le sénateur-maire gujanais ne dévie pas ses positions. « Ils ont envie de m’opposer aux autres élus. Mais les décisions, je ne les prends pas toute seule. Tout est collégial. Et sur ce dossier, les quatre maires sont sur la même ligne. » Selon elle, plusieurs chantiers sont lan­cés de front. « Nous nous entourons d’un bureau d’études et d’un cabinet d’avocats. Nous travaillons pour préparer la sortie du contrat, nous étudions les différentes possibi­lités qui s’offriront à nous et allons même jusqu’à définir le cahier des charges du futur contrat. » L’élue le martèle, elle ne défend pas Véolia mais la collectivité et les usagers. « J’ai même, avec Véolia, des relations conflictuelles depuis longtemps. À Gujan, nous avons eu de très nombreuses fuites d’eau avec des routes à refaire, comme pour l’Allée des Mimosas. » Et sur la question de la caducité, la présidente de la Cobas insiste sur le caractère “ardu” du dossier. « Il est bien plus complexe que l’association Arc’Eau veut bien nous le faire croire… Sur le fond des choses, le problème n’est pas la date mais la bonne sortie du contrat. S’il y a une rupture unila­térale, Veolia est en droit de réclamer des indemnités compensatrices. Si nous sommes en situation, alors nous sortirons de ce contrat. Ce que je peux vous dire, c’est que nous sommes dans une phase de négo­ciations. En tout cas, je ne céderai pas au harcèlement. Je ne ferai ni coup politique, ni coup médiatique. »

[ J-B.L. ]

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