COBAN, une intercommunalité ? L’eau dans le projet 2015-2025 ?

Samedi 5 mars, “drôle” de matinée: La COBAN Atlantique tenait réunion publique (1). À la tribune 7 des  8 maires, celui de Lège Cap-Ferret était absent et non représenté. Pas plus le député de la circonscription n’était présent. On notait celle de Mme la Sous-Préfète parmi la faible assistance, 110 personnes. Pourtant l’enjeu était d’importance: la présentation du projet communautaire 2015-2025 de la COBAN.

Tour à tour, les élus ont présenté le résultat des travaux… de nombre de cabinets extérieurs. Faibles sont les traces de participation citoyenne. Le passage de communauté de commune à communauté d’agglomération qui agrège plus de compétences (2) n’est pas envisagé à court terme. En dépit des précautions oratoires, l’assistance a compris que le passage de la fiscalité additionnelle à une fiscalité unique, toujours pas réalisée sur le territoire ce qui en dit long sur son retard, ne sera pas neutre pour les contribuables.

Le catalogue de mesures égrenées laisse le sentiment d’une intercommunalité qui avance à tout petits pas: Programme d’actions ou catalogue de (“bonnes”) intentions ? Premier signe visible de réalisation de ce projet, de nouveaux locaux administratifs pour la COBAN…, le deuxième, le développement du haut voire du très haut débit en partenariat avec Gironde Numérique (3). Lire ici: COBAN_Projet_Communautaire 2015 2025

Et l’eau potable ?

Pour la COBAN (p. 50): “Le transfert de compétence à la COBAN Atlantique prévu au plus tard le 1er janvier 2020 en application de la loi NOTRe nécessitera une harmonisation du service et des tarifs sur l’ensemble des communes du territoire”. C’est inexact, ceci peut être une volonté politique, un objectif, mais pas une obligation. Les actions n°53 et 54 (p.109) ne sont que la transcription des obligations découlant des évolutions législatives. La participation des usagers, rien à ce stade, les études ne doivent commencer qu’à partir de 2017 pour une prise de compétence au 1er janvier 2020. Au total, pas grand chose, rien en particulier sur les ressources en eau potable du territoire, rien sur la recherche  de baisse des consommations.

Il en va de l’eau comme de l’ensemble de ce document: Les limites physiques du territoire   , ses fragilités, en particulier environnementales, sont à peu près identifiées. Mais au nom du développement, essentiellement économique, il n’y a pas de volonté de poser des limites fortes à l’augmentation de la population, à l’habitat, aux équipements, commerces et activités pour satisfaire les “besoins”. Au lieu de poser la protection de l’environnement en sujet transversal de toutes les actions, elle est repoussée en fin du projet. En cela, il est cohérent avec le SCOT du Bassin d’Arcachon qui a été annulé par le tribunal administratif.

Enfin, peut-être parce que trop sensible, les questions de la gouvernance de ces actions, de la participation des habitants, de leurs associations ne sont pas abordées. Alors, la réunion de samedi n’a pas levé un doute, au contraire: ce qui unit les communes de la COBAN est-il plus fort que ce qui les différencie? COBAN, une intercommunalité ? À voir…

(1) COBAN Atlantique : Communauté de communes de Bassin d’Arcachon Nord réunit les communes d’Andernos-les-Bains, Arès, Audenge, Biganos, Lanton, Lège-Cap Ferret, Marcheprime et Mios. Au total 61 696 habitants au 31/12/2014.

(2) COBAN – Compétences obligatoires: Développement économique, Aménagement de l’espace  -  Compétences optionnelles: Collecte et traitement des déchets, équipements culturels et sportifs d’intérêts communautaire.

(3) Gironde numérique: réunit le département et 43 intercommunalités, but: résorber les zones blanches

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